Interview The Greener Good : « Adopter un mode de vie éco-responsable n’est pas si compliqué. »

22 septembre 2020

Interview The Greener Good : « Adopter un mode de vie éco-responsable n’est pas si compliqué. »

 

Save the date : The Greener Good Festival, temps fort de la vie éco-responsable à Lyon, aura lieu les 3 et 4 octobre 2020. Clémentine Mossé, co-fondatrice de l’association The Greener Good, cherche à agir comme « facilitateur » pour créer du lien entre ceux qui souhaitent une vie plus éco-friendly, et les organisations et marques éco responsables, qui proposent conseils et solutions. Un moment d’échange pour apprendre à être plus écolo au quotidien, mais aussi pour prendre de la hauteur sur les grandes questions que nos modes de vie soulèvent. Rencontre.

Clémentine, tu as co-fondé The Greener Good en 2016, quelles étaient tes motivations ?

« Beaucoup de choses ! À la base, j’ai toujours été très sensible aux questions environnementales. Dès le lycée, j’étais engagée, je participais à quelques actions. Puis, pendant mes études, j’ai intégré l’association écologique de mon école d’ingénieur.

 J’avais conscience qu’il était urgent de faire bouger les choses, que les enjeux s’accumulaient, mais autour de moi, je trouvais que ça ne bougeait pas assez vite.

Puis en 2015, j’ai découvert qu’à Lyon, de nombreuses initiatives et marques éco-responsables émergeaient. Et c’était frustrant de voir d’aussi bonnes idées manquer de visibilité. Je me suis donc dis, « pourquoi ne pas créer un évènement qui mette en relation des personnes qui veulent un mode de vie plus éco-responsables, mais qui ne savent pas par où commencer, et des marques et organisations qui proposent des solutions ? ». Ça me semblait être une bonne manière de montrer que c’est possible et pas si compliqué de changer. »

Quels sont les objectifs de The Greener Good, et les actions menées pour y parvenir ?

« Nous avons trois grands objectifs : sensibiliser le grand public à l’impact de nos modes de vie, tant sur la nature que sur la santé des Hommes ; donner un maximum de solutions et de manières d’adopter un mode de vie plus éco-responsable ; mettre en lumière ceux qui agissent et qui ont des solutions pour aider le public dans cette démarche.

Pour atteindre ces objectifs, l’action évènementielle est au cœur du projet, notamment avec The Greener Festival. C’est devenu un temps fort de l’actualité engagée à Lyon, avec plus de 3 000 participants l’année dernière. C’est un festival de deux jours, avec des conférences, des ateliers pratiques, des exposants avec des solutions « green », et nous essayons de couvrir tous les domaines dans lesquels nous pouvons changer.

Dans le prolongement de cette idée, nous avons depuis l’année dernière un partenariat avec le Printemps des Docks, qui est un grand salon mode de vie et lifestyle. Ensemble, nous avons créé un hall « green life » avec une cinquantaine d’exposants et de petits évènements, et ça, ça se passe fin novembre.

À taille plus humaine, nous organisons des soirées « Get green together », durant lesquelles nous faisons un focus sur une thématique particulière : la mode éthique, le sport responsable, la finance responsable, etc. »

Le 3 et le 4 octobre prochain se déroulera The Greener Festival, quels messages souhaitez-vous faire passer à travers cet évènement ?

« Avec The Greener Festival, on voulait montrer qu’adopter un mode de vie éco-responsable n’est pas si compliqué, et que c’est même tout à fait à notre portée à Lyon !

Ce festival a pour objectif de montrer de manière pratico-pratique comment changer son mode de vie, sur tous les aspects possibles. Cela passe par des ateliers utiles pour la vie de tous les jours : comment faire ses produits ménagers, comment réparer ses vêtements soi-même, des initiations à la cuisine végétarienne, etc. Le but est de permettre à chacun de s’approprier facilement de bonnes pratiques.

Nous souhaitons aussi qu’il y ait un côté « inspiration » dans cet évènement. Nous voulons inspirer le public, l’inviter à prendre de la hauteur et voir ce qui peut être accompli. Par exemple, cette année, nous avons une conférence plénière « Se nourrir, bien plus qu’une question d’alimentation », qui propose une réflexion plus large autour de l’alimentation. Nous avons aussi une conférence sur comment avoir un métier au service de la transition. »

En parallèle de l’événementiel, vous avez sorti un guide du consommer responsable à Lyon. Comment avez-vous sélectionné les différentes adresses ? Quels sont les critères de sélection ?

« Oui, nous avons créé ce guide pour mettre en lumière les organisations et marques éco responsables lyonnaises. Nous donnons plein d’adresses, mais il y a aussi des parties conseil et pédagogie, pour que l’on comprenne l’intérêt des différentes démarches.

Choisir les adresses à mettre en avant a été un sacré boulot ! Nous étions une trentaine sur ce projet, et on s’est bien arraché les cheveux pour savoir qui on mettait, qui on ne mettait pas… Le plus dur a été côté restauration. On ne pouvait pas mettre en avant des enseignes végétariennes ou fait-maison, mais dont la matière première vient du bout du monde, la démarche devait être cohérente dans son ensemble.

Du coup, on s’est renseigné, nous avons essayé de comprendre les démarches de chacun, pour valoriser ceux qui faisaient l’effort d’un véritable engagement. Pour la restauration comme pour les autres domaines, il n’y avait pas de critères précis, mais nous avons eu de longs temps de discussion, afin de faire la sélection la plus pertinente et cohérente possible. » 

L’urgence climatique n’est plus à démontrer et nous devons changer nos modes de vie rapidement, et en profondeur. Comment peut-on sensibiliser la population, et surtout, la fédérer autour du vivre autrement ?

« Pour moi, il y a de nombreux moyens d’action, car personne ne répond de la même manière à ces questions-là. Certains ont besoin de comprendre, et se retrouveront dans des formats pédagogiques, où ils apprennent et trouvent du sens dans un changement de leur mode de vie. A l’inverse, certains ont besoin de voir, d’être secoués à l’aide d’images violentes et d’actions musclées pour avoir une prise de conscience. Chez The Greener Good, nous sommes militants, mais nous avons une méthode douce, basée sur l’échange et la pédagogie. Tout le monde n’y trouvera pas son compte, certains nous trouverons trop doux, trop « bisounours ».

Je pense aussi que, sensibiliser le public et le fédérer autour de la cause écologique, ça passe beaucoup par le fait de l’incarner soi-même. Quand on en parle autour de nous, montrer aux gens que non, nous ne sommes pas des frustrés de la vie qui se privent de tout, non on ne rejette pas toute forme de progrès et de technologie. On peut être éco-responsable, vivre « normalement », être épanoui et bien dans ses baskets, et surtout, bien dans ses valeurs ! »

Quel est, selon vous, le plus gros défi à relever pour une société plus éco-responsable ?

« Aujourd’hui, je pense que la vraie difficulté c’est de rendre l’éco-responsabilité accessible à des populations dont ce n’est pas la préoccupation première. Comment demander à quelqu’un d’être éco-responsable quand son inquiétude première c’est d’avoir de quoi se nourrir ou de payer son loyer à la fin du mois ?

La préoccupation autour de l’environnement leur paraît hyper éloignée. Toucher ces populations fragiles est un véritable défi, pour lequel je n’ai pas de solution aujourd’hui. Nous essayons de trouver de nouvelles initiatives, notamment par le biais de la formation.

Nous organisons régulièrement des formations au vivre et consommer autrement à la Maison de l’Environnement. Certaines s’adressent à ces populations, avec des sujets comme « Comment être éco-responsable avec un petit budget ? ». D’autres formations s’adressent aux entreprises, mais aussi aux volontaires en service civique, pour faire un point sur l’impact de nos modes de vie, et comment le réduire. C’est une manière de transmettre ce qu’on fait, ce qu’on a appris au fil des années à travers l’aventure The Greener Good. »

Crédits photo : Rose-Anne Mosse | Mégane Meyer |The Greener Good 

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