Impact du e-commerce sur l’environnement : vers une livraison écologique ?

7 octobre 2020

Impact du e-commerce sur l’environnement : comment réduire l’empreinte carbone des livraisons ?

Ce n’est un secret pour personne, l’e-commerce est en pleine croissance, avec 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et 40, 5 millions de cyberacheteurs en France. Si l’e-commerce est en plein boom ces dernières années, son impact écologique est bien souvent sous-estimé. Entre les livraisons, les emballages, la consommation énergétique des serveurs informatiques, le bilan grimpe vite. Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’impact des livraisons de colis, et les bonnes pratiques à mettre en œuvre, en tant que site e-commerce, pour réduire son empreinte carbone.

Livraison de colis : l’impact environnemental du transport routier

Sur le principe, le e-commerce était censé être plus eco-friendly que le commerce physique : une tournée de livraisons restait moins polluante que des milliers de personnes qui font le tour des boutiques en voiture. Mais ça « c’était avant ».

Les nouveaux modes de livraisons apparus au cours de ces dernières années ont changé la donne, et doucement, le e-commerce voit son impact environnemental grimper en flèche. Pour mieux comprendre comment réduire son empreinte carbone en tant que site e-commerce, commençons par débriefer ce qui est à l’origine de cette pollution en hausse.

Dire non à la livraison express pour réduire son empreinte carbone

Premiers au banc des accusés, les systèmes de « livraison express ». Ces services de livraison en moins de 24 h poussent comme des champignons et génèrent des tournées de livraison encore plus fréquentes, avec des véhicules parfois presque vides. A l’origine de ces livraisons ultra-rapides, Amazon, aussitôt suivi par plusieurs concurrents.

Aux Etats-Unis, le lancement des livraisons express par UPS et FedEx a fait exploser les émissions de CO2 produites par les tournées de livraison : 18 millions de tonnes de CO2 émises par UPS et FedEx en 2017, ce qui équivaut à la consommation annuelle de près de 7 millions de voitures. Si l’on dézoome, ces émissions représentent 0,5 des 6 milliards de tonnes de CO2 émises chaque année par les Etats-Unis, chiffre qui ne cesse de grimper (et qui ne prend même pas en compte les envois par Amazon Shipping).

Si plus de chiffres sont disponibles aux Etats-Unis, il faut garder à l’esprit que la France n’est pas en reste, avec plus de 500 millions de colis livrés chaque année. Ainsi, à Paris, on estime que c’est un véhicule sur cinq qui transporte des colis à livrer.

Livraison à domicile : la logistique du dernier kilomètre en cause

Un autre point particulièrement polluant des livraisons e-commerce, c’est le « dernier kilomètre ». En 2018, un million de colis ont été livrés à domicile en France. Ces livraisons induisent de courts trajets entre les points de dépôts et les domiciles des particuliers qui ne sont pas sans conséquence.

La livraison est plus difficile, notamment dans les grandes villes, ou le trafic urbain ralentit la tournée, ce qui induit un coût supplémentaire, sur le plan strictement financier. Mais ces petits morceaux de livraison dans un trafic perturbé impliquent aussi des émissions de CO2 importantes, qui pourraient être largement limitées si la livraison en point relais était privilégiée. Tout cela, sans même évoquer le fait que beaucoup de livraisons à domicile doivent avoir lieu plusieurs fois, lorsque le client est absent du domicile.

Colis vides à 43 % : quand l’emballage fait exploser l’empreinte carbone du e-commerce

Au-delà de la livraison, qui représente une lourde partie du bilan carbone du e-commerce, les colis en eux-mêmes engendrent également une pollution supplémentaire. Avec des emballages ou des packaging peu adaptés, de nombreux sites e-commerce envoient des produits dans des cartons démesurément grands. C’est comme envoyer une clé USB dans une boîte à chaussures, si vous voulez.

Selon une étude menée en 2018 par DS Smith et Forbes Insight, 43 % du volume des colis du e-commerce serait empli de vide. Concrètement, sur 4,6 milliards de colis commandés en Europe, cela représenterait 2 milliards de colis vides. Autant de colis qui ont besoin d’être livrés, et donc, de tournées de livraison à 43 % vides, et encore, quand le véhicule de livraison est plein. Ça laisse songeur.

Impact du e-commerce sur l’environnement : le désastre écologique des retours

Le retour de marchandises est devenu une norme dans le e-commerce. Selon Narvar, société spécialisée dans le suivi des livraisons et des retours, 41 % des internautes achètent des produits en plusieurs versions, avec l’intention d’essayer, et de renvoyer les versions insatisfaisantes. Selon le secteur, le taux de retour varie ainsi entre 10 et 40 % en moyenne, avec des chiffres plus élevés encore dans le domaine de la mode et du prêt-à-porter.

Ces retours entraînent ainsi de nouveaux trajets, entre les entrepôts logistiques, les SAV pour les produits abîmés, les usines de production… Et l’empreinte carbone ne cesse de grimper. De plus, une étude menée par la start-up Optoro, spécialisée dans la logistique inversée, révèle que seulement 10 % de la marchandise retournée sont remis à la vente. Le reste est soit déstocké, soit donné à des associations, soit simplement détruit si trop abîmés par les allers-retours. Une enquête de Capital démontrait ainsi qu’Amazon avait détruit 3,2 millions d’objets neufs en 2018.

3 conseils pour améliorer l’impact écologique de ses livraisons e-commerce

Quand on met tous les éléments cités ci-dessus bout à bout, l’impact du e-commerce sur l’environnement donne carrément le vertige. Pourtant, des initiatives émergent pour améliorer cette empreinte environnementale, qui pour certaines, sont très simples à appliquer. En tant qu’acteur du e-commerce, vous avez un réel rôle à jouer pour faire bouger les choses. Voici donc quelques conseils pour réduire l’empreinte carbone de votre activité e-commerce.

Bien choisir les emballages de ces colis

Nous l’avons vu, l’emballage des colis fait beaucoup dans l’impact environnemental du e-commerce. Première étape : varier les formats d’emballages pour qu’ils soient parfaitement adaptés aux dimensions des produits à envoyer, sans devoir mettre du calage dans tous les sens. On évite donc les cartons taille XXL pour une bouteille de parfum, mais aussi le suremballage : combien de fois avez-vous frôlé le craquage nerveux en essayant de déballer un produit coincé dans 3 boites et 5 plastiques différents ? Par ailleurs, pour le calage comme pour l’emballage, pensez aux matières éco-responsables : cartons, papiers recyclés, rubans adhésifs kraft… Autant d’alternatives pour limiter la pollution plastique de votre activité.

Adapter sa politique de livraison des colis

Pour réduire l’empreinte carbone liée à la livraison de vos colis, vous pouvez agir facilement en modifiant votre politique de livraison. Privilégiez la livraison en point relais et ne proposez pas de livraisons express. Ces initiatives peuvent paraître contraignantes, mais lorsqu’elles sont expliquées auprès de la clientèle et valorisées, elles deviennent un argument marketing en soi. Pour preuve, l’enquête Stuart/Yougov menée en 2019 révèle que 6 Français sur 10 sont sensibles à l’impact écologique de leur livraison.

Limiter les retours de marchandises

Soigner sa politique de retour ne veut pas nécessairement dire les refuser, ce serait impensable dans le marché du e-commerce actuel. Pour autant, vous pouvez jouer sur plusieurs leviers. Tout d’abord, préciser vos fiches produit : plus elles sont détaillées, plus elles reflètent exactement les caractéristiques du produit, et plus les photos permettront de se projeter dans la réalité physique du produit, moins vous aurez de retour.

Autre point : encouragez vos clients à laisser des avis sur les produits. Selon une étude menée par Bazaarvoice, les produits affichant plus de 50 avis ont un taux de retour de près de 135 % inférieur par rapport aux produits sans, ou avec peu d’avis.

Une méta-étude menée en 2016 aux Etats-Unis met en lumière un comportement très intéressant des consommateurs quant aux retours de marchandises : quand le délai de rétractation est allongé, le taux de retour est moins important. Un constat paradoxal, mais qui s’explique par le fait que, plus longtemps le consommateur possède le produit, plus il s’y attache, hésitant finalement à le renvoyer. Pourquoi ne pas tester une modulation des délais de retour sur votre e-shop, pour voir si cela impacte le taux de retour ?

Enfin, la communication avec vos clients est un point clé pour améliorer l’impact environnemental des retours de colis. Comme pour l’envoi, sensibilisez-les à l’impact du retour, en affichant le bilan carbone du transport, par exemple. Surtout, proposez systématiquement un questionnaire dans lequel les consommateurs doivent stipuler la raison du retour, cela vous donnera une idée des points à améliorer pour les éviter : est-ce qu’il faut étayer les fiches produit, proposer un guide des tailles, faire des photos plus réalistes, etc.

Choisir un transporteur vert

Enfin, pour que tous les efforts faits sur la préparation des colis, ainsi que sur les politiques de livraison et de retour ne soient pas vains, l’idéal serait de choisir un transporteur écologique. Les choses deviennent alors un peu plus compliquées, face à des efforts assez faibles du côté des grands transporteurs.

En France, la Poste fait bonne figure, avec une flotte de 30 000 véhicules électriques, et une quarantaine de camion au GNV. Elle finance aussi plusieurs projets de compensation carbone à travers le monde, avec, selon ses chiffres, l’équivalent de 1, 5 millions de tonnes compensées.

De son côté, UPS assure optimiser les chargements des camions et les circuits de livraison. En revanche, côté équipement, l’investissement reste encore faible avec 7 000 véhicules à faibles émissions pour une flotte de 110 000 véhicules au total. Même constat chez FedEx, qui commence doucement à s’équiper de véhicules à moteur hybride, qui pour l’instant, ne représentent qu’un faible pourcentage de leurs flottes.

Heureusement, il y a des bons élèves, dont Colis Privé, qui travaille en partenariat depuis plusieurs années avec des sous-traitants spécialisés dans les livraisons alternatives. Cela passe notamment par la mise en place d’alliances locales selon les régions, pour livrer en véhicules électriques, en tri-porteurs ou en vélos-cargos. Des entreprises spécialisées dans la livraison écologique commencent tout juste à apparaître sur le marché, avec des alternatives prometteuses, telles que celles proposées par Vert Chez Vous, spécialisé dans la logistique urbaine éco-responsable.
Une affaire à suivre… !

SOURCES :

https://www.axios.com/fast-delivery-climate-change-amazon-walmart-target-40d0b733-ad06-4b88-9a07-5ac9b6a5c03b.html

https://www.fevad.com/barometre-trimestriel-de-laudience-du-e-commerce-en-france-2/

https://see.narvar.com/rs/249-TEC-877/images/Consumer-Report-Returns-2018-4.3.pdf

http://www3.weforum.org/docs/WEF_Future_of_the_last_mile_ecosystem.pdf

https://www.forbes.com/sites/susanadams/2017/09/26/optoro-is-building-a-billion-dollar-business-helping-companies-cope-with-a-glut-of-rejected-stuff/#4d7936691a8c

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022435915000822

https://www.businesswire.com/news/home/20070626005416/en/PETCO-Slashes-Return-Rates-Bazaarvoice-Ratings-Reviews

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